La baccalauréat
-> Un peu d’histoire : Le baccalauréat en France est une institution qui remonte
au début du 19e siècle. C’est du décret organique du 17 mars 1808 que date l’organisation
du baccalauréat tel qu’il existe aujourd’hui. C’est sous l’Empire en effet que
cet examen dont on retrouve la trace dès le Moyen-Age, devient pour la première
fois le couronnement et la sanction des études secondaires. Il a traversé tous
les régimes politiques et sa pérennité est en elle-même une réussite. Au fil
du temps, il a acquis une double fonction car il vient "couronner" les études
secondaires, et il ouvre les portes de l’enseignement supérieur, ce qui constitue
une originalité du système français.
Le ministère de l’éducation nationale
L’idée d’une prise en main par l’Etat des affaires d’enseignement a été évoquée
dès 1789 et défendue par les meilleurs esprits au cours des années qui suivent.
Cependant, l’oeuvre de la Révolution se caractérise surtout par la création
de toutes sortes d’établissements d’enseignement, secondaires ou supérieurs
: l’essentiel paraît alors de doter la République d’un réseau par le canal duquel
l’instruction pourra se répandre dans toutes les classes de la société.
Il faut attendre l’Empire pour voir l’Etat prendre conscience que l’existence
d’un tel réseau ne suffit pas à assurer la formation des cadres dont il a besoin
et que celle-ci ne saurait être menée à bien sans une structure forte, stable
et centralisée qui régule le fonctionnement du système. L’Université impériale
est fondée dans cette perspective par la loi du 10 mai 1806 et organisée par
le décret du 17 mars 1808. Plus qu’une administration, c’est une sorte de corporation
laïque qui jouit d’une large autonomie par rapport aux autres services de l’Etat.
A sa tête se trouve le Grand-maître de l’Université, nommé par l’Empereur et
lui rendant compte directement. Ce Grand-maître partage le pouvoir avec le Conseil
de l’Université, formé de membres du " corps enseignant " : c’est à cette époque
qu’apparaît cette expression.
La Restauration envisage pendant quelque temps de démanteler ce système, qui
lui paraît trop indépendant du trône comme de l’autel. Une Commission de l’Instruction
publique est nommée en 1815 pour remplacer le Grand-maître. Elle est placée
sous l’autorité du ministre de l’Intérieur. Elle parvient cependant à maintenir
pour l’essentiel les prérogatives de l’Université, ce qui se traduit bientôt
par sa transformation en Conseil royal de l’Instruction publique (1820) puis
par le rétablissement du titre de Grand-maître (1822). Le premier titulaire,
Mgr Denis Frayssinous, évêque d’Hermopolis, est ensuite nommé ministre des Affaires
ecclésiastiques et de l’Instruction publique, le 1er juin 1822.
Université et clergé
Napoléon 1er après avoir signé en 1801 le concordat avec le Pape réduit à néant
l’œuvre révolutionnaire par la promulgation du décret du 17 mars 1808. Par ce
texte, tous les établissements publics et privés forment un corps unique placé
sous l’autorité du "grand maître de l’université."
L’enseignement a pour base les préceptes de la religion catholique et de la
fidélité à l’empereur, pour but la formation de citoyens attachés à leur religion,
à leur prince, à leur patrie et à leur famille. Dans les lycées, le culte est
obligatoire et la présence d’aumôniers catholiques est imposée. Quant aux écoles
primaires, elles sont confiées aux frères des écoles chrétiennes.