LA FRANCE A LA VEILLE DE LA REVOLUTION
1 - La France, une société de classes.
a- La noblesse représente environ 400 000 personnes. Cet ordre est divisé
entre la haute noblesse (environ 4 000 familles) proche du trône et la petite
noblesse. Cette petite noblesse est composée des gentilshommes de province,
souvent peu fortunés, et de la noblesse de robe ayant acheté leurs quartiers
de noblesse et méprisée par la noblesse d’épée traditionnelle.
b - Le clergé est composé de 120 000 personnes dont 139 évêques. Il
est également divisé entre le haut clergé (issu de la noblesse) et le bas clergé
plus proche du Tiers Etat que des hauts prélats.
c - Le tiers état représente l’immense majorité de la population soit
environ 98% de celle-ci (26 Millions). Il regroupe les travailleurs journaliers
des campagnes, les paysans propriétaires fermiers, les artisans des villes et
les bourgeois des villes (banquiers, hommes de droit ou commerçants). Cette
bourgeoisie est en plein essor grâce au développement économique des dix dernières
années et prend de plus en plus de pouvoir dans la vie économique du royaume
de France.
2 - La France, un pays "au bord" de la modernité
a - le mouvement des Lumières
b - La France soutient la jeune démocratie américaine
: Depuis 1777 avec La Fayette et ses volontaires, puis à partir de 1779 avec
Rochambeau et le corps expéditionnaire royal, la France combat aux côtés des
insurgés américains contre les Anglais. Cette guerre d’indépendance aboutira
en 1781 à la victoire de Yortown par les Franco-Américains. Le soutien massif
de 50 000 hommes n’était pas innocent. Il s’agissait pour Louis XVI d’affaiblir
la puissance de l’Angleterre. Le coût de ces expéditions commandées s’éleva
à 2 milliards de livres.
3 - La France, un pays en crise
a - le peuple est mécontent
Les privilèges
Tous les privilèges sont devenus insupportables pour le Tiers Etat. Les exemptions
d’impôt, les droit de banalité, les droits de péage, les monopoles tels ceux
du colombier ou de la garenne, les redevances diverses, tous ces avantages,
toutes ces inégalités et plus encore l’inégalité devant l’impôt révoltent les
paysans et les bourgeois réunis. L’église pour sa part choque et révolte. Non
seulement cet ordre extrêmement riche ne paie pas d’impôt mais il prélève la
dîme sur les revenus agricoles. De plus, cette Eglise si riche des dons fait
par les fidèles voit cette fortune détournée trop souvent par certains membres
du clergé qui voient en cette fortune une fortune personnelle.
Les impôts
Plus encore que tous les avantages, la répartition arbitraire des différents
impôts exaspère le contribuable qui accepterait plus volontiers un impôt que
tous acquittent. Les nobles paient certains petits impôts directs mais sont
exempts du plus gros d’entre eux: la taille. Celui-ci est le pire : sur 100
livres de revenu il en prend 53. De surcroît, il est levé arbitrairement, mal
réparti et peut tous les jours s’aggraver dans cette période d’anarchie dépensière
de l’état. Les impôts indirects tels la gabelle finissent d’écraser les sujets
du roi. L’impôt ecclésiastique avec la dîme achève de l’accabler. Paradoxalement
le clergé, l’ordre le plus riche de France, ne paie pas d’impôt. Il consent
au roi un don gratuit.
b - le royaume est en faillite
La ruine du Trésor Public est en grande partie provoquée par la participation
de la France à la guerre d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique. Cette contribution
énorme ruina les finances du royaume dés 1787. Necker alors Premier ministre
tente d’assainir les finances du royaume en proposant de diminuer les pensions
payées aux personnages importants. Il est écarté de son poste par les privilégiés
qui se mobilisent contre lui. Ni Calonne, qui misait sur la stimulation de la
croissance pour augmenter les recettes indirectes et qui envisageait une refonte
du système fiscal, ni son successeur Lomenie de Brienne qui tente de faire imposer
par le roi ces réformes fiscales ne parviennent à combler le trou du Trésor
public. Ils ne réussissent qu’à lever contre eux et contre Louis XVI les ordres
privilégiés qui refuse de payer tout impôt nouveau. Les masses populaires suivent
et manifestent contre la cour et les ministres. Tous demandent la réunion des
Etats Généraux. Une fois de plus, le roi cède et Loménie de Brienne annonce
en août 1788 la réunion des états généraux pour le 1er mai 1789. Necker alors
rappelé comme Premier ministre ne pourra que constater l’étendue du déficit.
Conclusion : la convocation des Etats-Généraux est là
pour entériner un état de fait : la France est à la fois
malade et intelligente, donc rebelle.