Revenons tout d'abord sur l'idée de la sagesse chez les grecs : dans l'antiquité
grecque, la première règle de conduite de soi est de bien se maîtriser, c'est
à dire de conquérir sa liberté intérieure.
L'âme est en effet ordonnée en trois parties :
- la raison ( nous) qui permet d'atteindre la sagesse ;
- le cœur ( thumos) qui donne le courage et l'enthousiasme ;
- les désirs ( épithumia) qui doivent être tempéré chez le sage
Chez ce dernier en effet, la raison doit dominer le cœur qui doit dominer les
désirs. L'ordre hiérarchique de l'âme, s'il est réalisé par l'individu, donnera
le bonheur dans l'accord avec soi-même. C'est pourquoi les grecs condamnent
toute démesure, tout excès dans la conduite individuelle. Leur devise favorite
était " rien de trop ". Dans les Perses d'Eschyle, Xerxès commet la faute de
vouloir dépasser les forces humaines en jetant un pont sur le bras de la mer
d'Hellespont. Emporté par la passion de la conquête, il ne mesure plus les limites
auxquelles il doit se plier et il est puni par les dieux. L'idéal de toute sage
grec est donc l'autosuffisance, l'autarcie car elle est la condition de la liberté.
Cet idéal de sagesse a perduré jusqu'à aujourd'hui lorsque l'on fait référence
à l'idée d'un vieux sage retiré qui n'attend plus rien de la vie et qui vit
sans dépendre de personne.
Maintenant, il s'agit de comprendre pourquoi cette question se pose :
-Nous sommes dans une société de l'interdépendance entre les personnes et non
plus d'autarcie
-Les développement économiques, démographique et technologique ont brisé cette
fameuse limite que ne devait pas franchir les sages. On ne recherche plus une
stabilité sereine mais plutôt un accroissement maximal et continu Cette rupture
a eu lieu avec la période des lumières et la première révolution industrielle
qui a vu une accélération continue des choses.L'Encyclopédie lance l'idée d'un
progrès économique et humain infini.
Il faut donc montrer précisément pourquoi la sagesse comme l'entendait les
grecs et comme l'entendent souvent les anciens mérite d'être reconsidérée à
la lumière de notre époque. Ainsi, l'idée de sagesse a encore un sens dans la
mesure où elle considère le poids prépondérant de la raison sur les désirs et
l'irrationnel. Mais cette raison doit s'appliquer dans un univers en perpétuel
mouvement où l'autarcie n'existe presque plus. Il faut que tu développe cette
partie là qui constitue le cœur de ton sujet.