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Chacun accordera volontiers qu’il y a une différence considérable entre les perceptions de l’esprit quand on sent la douleur d’une chaleur excessive ou le plaisir d’une chaleur modérée et quand, par la suite, on rappelle à la mémoire cette sensation ou quand on l’anticipe par l’imagination. Ces facultés peuvent imiter ou copier les perceptions des sens, mais elles ne peuvent jamais atteindre entièrement la force et la vivacité et de la sensation originelle. Le plus que nous en disions, même quand elles opèrent avec la plus grande vigueur, c’est qu’elles représentent leurs objets d’une manière si vivante que nous pouvons presque dire que nous les touchons ou les voyons ; mais, sauf cité tel qu’il rende ces perceptions complément indiscernables. Toutes les couleurs de la poésie, malgré leurs splendeurs ne peuvent jamais peindre les objets naturels d’une telle manière qu’on prenne la description pour le paysage réel. La pensée la plus vive est encore inférieur à la sensation la plus terne.

David HUME, Enquête sur l’entendement humain,
section II 1758,
traduction A. Leroy, revue par M. Beyssade, 1983

Réponse de notre équipe pédagogique :

Nouvelle page 1

TEXTE DE HUME

INTRODUCTION

Philosophe anglais, hume défend l’empirisme comme la seule position philosophie légitime combattant le dogmatisme de la métaphysique classique, en soutenant que toutes nos idées sont des copies des impressions fournies par l’expérience et non des idées innées (contre Descartes) ou crées par la raison. Le seul pouvoir de la raison est d’associer ces images en fonction de notre habitude psychologique et de la constance des phénomènes naturels. Cette philosophie aboutit à un "scepticisme mitigé" qui substitut à la certitude de la vérité, la croyance en la probabilité. Ce texte est un extrait de son oeuvre majeure le traité de la nature humaine. Il défend la thèse que la sensation est supérieure à la pensée. On peut diviser ce texte en 2 parties.

I-UN CONSTAT

1-differences entre les perceptions de l’esprit et l’imagination

Tout d’abord Hume part d’un constat sur lequel il annonce l’accord de tous. Ce constat c’est la différence entre deux choses: les perceptions de l’esprit et le rappel de celle ci par notre imagination

Pour hume, nos perceptions se classent en deux catégories :

  • Les impressions ou perceptions vives comme les sensations ou les émotions
  • Les idées qui sont des images affaiblies des impressions

Or lorsque je suis en contact avec quelque chose de chaud, je ressens la chaleur et ceci parce que j’ai la sensation de chaleur. De même si je suis en contact avec une chaleur cette fois ci plus modérée, je vais ressentir non pas de la douleur mais du plaisir. Ce sentiment est une perception qui naît de mes sensations. Nous sommes ici dans le registre des impressions ou des perceptions vives car si bien dans la sensation de chaud ou de tiède que se joue ces impressions.

Mais lorsque je ne suis pas au contact avec la source de chaleur mais que je fais l’effort de me souvenir de cette impression, alors j’utilise mon imagination mais ce ne sont plus mes sensations qui sont à la source de cette perception mais bien le travail de ma mémoire, de ma pensée.

2-la mémoire, le travail de l’imagination

La mémoire et l’imagination sont deux facultés par lesquels l’homme peut rendre présent à sa pensée des faits ultérieurs ou futurs. Or l’imagination et l’imagination ne nous fournissent que des "copies", "des imitations" qui ne rendent compte que partiellement des choses. Ainsi elleS ne fournissent qu’un rappel mais en aucun cas la vivacité de la douleur au contact de la chaleur, ni du plaisir ressenti au contact d’une source modérée. Ceci s’explique par le fait même qu’au moment même au nous faisons appel à notre imagination et à notre mémoire nous ne ressentons plus la douleur ou le bien être mais nous sommes dans une situation de rappel ou d’anticipation qui ne peut pas rendre la sensation elle-même mais seulement la trace de cette sensation.

 

II-"LA PENSÉE LA PLUS VIVE EST INFÉRIEURE A LA SENSATION LA PLUS TERNE "

1-partons de l’expérience de nos facultés d’imagination et de mémoire

Lorsque nous faisons appel à notre mémoire, c’est pour nous rendre présent un sentiment, une sensation, une perception que nous avons déjà ressentie. La mémoire permet de nous rappeler de ce que nous avons ressenti lors d’une brûlure, c’est à dire encore de la douleur ressentie. La mémoire nous remet en situation même où nous souffrions et où nous étions au contact même avec la chaleur. L’imagination rend réel pour nous cette expérience et nous permet de nous représenter les choses sous l’angle du "comme si" c’était réel. Mais on ne peut pas pour autant discerner de manière précise et adéquate la sensation du fait que nous ne sommes pas en situation de sentir mais de rendre la sensation présente à notre esprit.

2-l’exemple de la poésie pour affirmer sa thèse

Lorsque l’on lit un poème par exemple de Baudelaire, nous nous figurons ce mélange de couleurs, de senteur la splendeur du langage et des images que nous nous formons nous rend présent les objets eux-mêmes en pensées. Or nous ne confondons pas l’objet réel, et l’objet imaginé car l’objet réel est un objet qui par définition existe alors que l’objet pensé n’est qu’une image qui nous est personnelle. Ainsi même la meilleure description d’un paysage ne peut pas se substituer à un paysage réel. De sorte que c’est bien par la sensation c’est à dire par les impressions que nous sommes alors plus touché que par les images formées par l’esprit. On peut donc en conclure que même la pensée qui va rendre l’objet de manière la plus précise possible et avec une exactitude presque totale sera toujours inférieure à la sensation la plus terne c’est à dire la sensation la plus banale et la moins vive.

CONCLUSION

Ainsi Hume contre les philosophes "classiques" montre la supériorité de la sensation par rapport à la pensée et propose donc de descendre la pensée de son pied dé stal pour lui substituer non pas la sensation mais envisager de manière plus conforme à l’expérience que nous faisons de *u monde et du réel un nouveau rapport, sensations/pensée.

BIBLIOGRAPHIE

  • Traité de la nature humaine (1740)
  • Essais moraux et politiques (1741)
  • Enquête sur l’entendement humain (1748)
  • Histoire naturelle de la religion (1757)
  • Dialogues sur la religion naturelle (posthume)

 

Bon courage pour ton devoir et n’hésite pas à me contacter si tu éprouves des difficultés.


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