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Bonjour, vous-serait il possible de faire l’étude ordonnée de ce texte?

L’usage qu’un homme fera de son corps est transcendant à l’égard de ce corps comme être simplement biologique. Il n’est pas plus naturel ou pas moins conventionnel de crier dans la colère ou d’embrasser dans l’amour que d’appeler table une table. Les sentiments et les conduites sont inventés comme les mots.
Même ceux qui, comme la paternité, paraissent inscrits dans le corps humain, sont en réalité des institutions. Il est impossible de superposer chez l’homme une première couche de comportements que l’on appellerait « naturels » et un monde culturel ou spirituel fabriqué. Tout est fabriqué et tout est naturel chez l’homme, comme on voudra dire, en ce sens qu’il n’est pas un mot, pas une conduite qui ne doive quelque chose à l’être simplement biologique, et qui en même temps ne se dérobe à la simplicité de la vie animale, ne détourne de leurs sens les conduites vitales, par une sorte d’échappement et par un génie de l’équivoque qui pourraient servir à définir l’homme.
Merleau-Ponty

Réponse de notre équipe pédagogique :

Nouvelle page 1

TEXTE DE MERLEAU PONTY

INTRODUCTION

Alors que l’anthropologie contemporaine a cherché à distinguer dans les comportements humains ce qui relevait du naturel et du culturel pour expliquer le rapport de l’un à l’autre, Merleau Ponty lui adopte une démarche différente par laquelle il entend démontrer qu’il est impossible de faire une telle distinction.

A travers cette thématique, Merleau vise en fait une nouvelle defintion de l’homme, il nous invite à le repenser en saisissant l’originalité de l’homme non dans son autonomie de l’âme par rapport au corps mais au contraire dans son rapport au corps.

I-LES CONDUITES INSTITUTIONNELLES DU CORPS

1-de l’usage du corps

On ne peut pas réduire l’homme à l’usage qu’il fait de son corps.

En usant de ces fonctions biologiques, l’homme fait de cet organisme une organisation qui transcende (c’est à dire dépasse) le corps dans ses données strictement physiologiques.

Mais la thèse de merleau devient paradoxale en ce qu’elle ne fait intervenir la transcendance par rapport au naturel, a travers des comportements sophistiqués ou artificielles, mais ce qui semble être le plus primitif, le plus originel, le plus instinctif.

2-colere et amour

L’homme en colère crie et cela semble être une expression naturelle qui traduit son sentiment de colere. DE même l’homme amoureux manifeste naturellement son sentiment d’affection par le baiser.

Ces deux expressions qui semblent être naturelles sont pour merleau des conventions, semblable au langage.

Au niveau le plus élémentaire du naturel, il n’y aurait déjà plus de naturel: le line colère/cri ne serait pas un lien naturel pas plus que le lien amour/baiser

Merleau démontre que le niveau biologique est toujours sous-determinant pour rendre compte d’un comportement humain. Si on en reste au niveau biologique, on ne peut pas expliquer la diversité des significations d’un même geste.

Cette reconnaissance de la relativité de la signification des gestes et des comportements autorise Merleau à les comparer à la structure linguistique de la langue.

C’est un lien conventionnel et arbitraire dans le sens où il dépend pas de la chose elle même ce qui explique la diversité des langues. C’est ce principe de l’arbitraire du signe que merleau étend aux comportements humains et à l’expressivité corporelle. Même le langage du corps le langage gestuel que l’on dit naturel par opposition au langage parlé et articulé et en réalité conventionnel.

3-la paternité

Troisième exemple qui radicalise la thèse de l’auteur. La paternité serait une conduite artificielle et non naturelle. Ce que l’homme éprouve comme inscrit en lui ne serait pas constitutif de sa nature mais institué en lui de manière conventionnelle.

Les manifestations de l’affectivité humaine ne renverrait  pas à notre constitution mais à une institution culturelle.

 

II-L’HOMME OU LE GÉNIE DE L’ÉQUIVOQUE

1-les deux couches

Merleau remet donc en cause la vision dualiste de l’homme qui dit que d’abord l’homme est un être naturel mais se distingue des autres êtres naturels par sa faculté de penser par laquelle il accède à la culture. Pour Merleau, ce n’est pas une entreprise difficile mais absurde. Il n’y a pas de couche de naturel recouverte de culturel. Si le couple nature : culture ne fonctionne pas sur le mode d’une superposition des deux c’est parce que pour l’homme nature et culture ne sont pas des termes opposés. La culture ne s’oppose pas à la nature. Le culturel se donne en même temps que le naturel.

2-l’echappement

L’homme est cet être qui se définit en terme dynamique de mouvement, il se dérobe, se détourne de son être, simplement biologique.

L’image de l’échappement donne à penser comme un être dont la fonction serait semblable au mécanisme d’oscillation d’une horloge qui règle le mouvement moteur en retenant et en libérant à chaque oscillation une dent des rouages.

Cet échappement n’est pas une fuite hors de soi mais un mouvement de libération par l’homme ne subit pas son corps comme une donnée biologique. Le propre de l’homme consiste à faire de son corps un corps pour soi qui ne se réduit pas à une chose étendue comme le pensait Descartes.

3-le génie de l’équivoque

L’équivoque est ce qui peut se dire en plusieurs sens par opposition à l’univoque. Merleau prend le contre pied du sens commun et d’un certain idéal. Par cette expression il ne dévalorise pas l’homme en l’affectant de l’imperfection de l’équivoque mais au contraire montre que c’est l’équivoque qui fait la defintion de l’homme comme être transcendant tout niveau de signification univoque.¨

Pour l’homme le naturel est culturel car il est dans sa nature biologique d’être culturel. Aussi cette distinction perd toute pertinence pour définir l’homme.

CONCLUSION

Contre une image dualiste de l’homme (c’est à dire comme un être de culture et de nature), Merleau retrouve au niveau physiologique le plus élémentaire , au niveau du corps, l’unité perdue ou oubliée de l’homme. Cette unité résulte d’un génie de l’équivoque par lequel l’homme s’affirme comme l’être de tous les possibles , de tous les sens possibles, comme un être libre.

BIBLIOGRAPHIE

  • Merleau ponty Phénoménologie de la perception (d’où le texte est extrait)
  • Merleau ponty le visible et l’invisible
  • Merleau ponty la prose du monde

 

N’hésites pas à me contacter en cas de difficultés. Bon courage pour faire ton devoir. A bientôt.


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