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Autre sujet |
Impression facile
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Niveau |
Section |
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11Philosophie |
Terminale |
S |
| Chapitre |
Autre sujet
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| Prestation |
Commentaire détaillé d'un texte ( joindre le texte, l'auteur, la date) |
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| Enoncé |
Dégager le plan de ce chap.
quelles thèses principales Aristote développe t-il?
Comment comprendre l’affirmation: ’’Toute cité est naturelle’’.
Qu’est-ce que la cité assure que l’individu ne peut assurer?
Expliquez la formule: ’’l’homme est par nature un animal politique’’. Quels sont les arguments avancés par Aristote pour la justifier?
Chap.2 du livre I des Politiques d’Aristote
(1) Si donc nous examinons le développement des réalités à partir de leur origine, comme nous le faisons dans les autres domaines, il est possible, dans notre présent domaine aussi, d’en obtenir la conception la plus satisfaisante possible.
(2) Ainsi, il est tout d’abord nécessaire que s’unissent les êtres qui ne peuvent exister l’un sans l’autre. Par exemple la femme et l’homme en vue de la reproduction (et il ne s’agit pas d’un choix délibéré, mais, comme dans le cas des autres animaux et des plantes, il y a là une tendance naturelle à laisser après soi un être autre mais semblable à soi1); second exemple: celui qui commande et celui qui est commandé, et ce par nature2, en vue de leur mutuellement sauvegarde. En effet peut être capable de prévoir intellectuellement c’est avoir par nature la capacité de commander, c’est-à-dire être maître par nature, alors qu’être capable d’exécuter physiquement ce qui est commandé c’est être par nature destiné à être commandé et à être esclave; c’est ce qui fait que maître et esclave ont même intérêt.
(3)Et c’est par nature que la femme est distincte de l’esclave (car la nature ne fait rien chichement, comme le font pour leurs couteaux les forgerons de Delphes3, mais elle fait une chose pour un seul usage; car chaque instrument n’accomplira au mieux sa tâche que s’il sert à un seul usage et non à plusieurs5). (4) Pourtant chez les Barbares la femme et l’esclave ont même rang6. La cause en est que personne chez eux n’a par nature la capacité de commander, mais il s’établit entre eux une association qui est celle d’une esclave et d’un esclave. Aussi les poètes disent-ils: ’’Il convient que les Hellènes commandent aux Barbares7’’, comme si étaient identiques par nature Barbare et esclave8.
(5) Les deux communautés dont il vient d’être question constituent la famille élémentaire9 et c’est à juste titre qu’Hésiode a dit dans un poème: ’’D’abord une maison, une femme, un boeuf de labour10’’, car le boeuf tient lieu de serviteur aux pauvres. Donc la communauté construite conformément à la nature pour la vie quotidioenne, dont les membres sont dits manger le même pain par Charondas, et manger à la même table par Epiménide de Crète11 est la famille. Ensuite la communauté élémentaire formée de plusieurs familles en vue de satisfaire des besoins qui ne sont plus seulement quotidiens, c’est le village.
(6) Réalité absolument naturelle, le village semble être une colonie de la famille12, et certains disent de ses membres qu’ils ont tété le même lait, et les appellent enfants et petits-enfants.
C’est aussi pourquoi à l’origine les cités avaient des rois, comme en ont encore aujourd’hui les peuplades. Elles se sont en effet constituées de gens soumis à un roi; car toute famille est régie par le plus âgé, si bien qu’il en est de même des colonies de familles du fait des liens de parenté de leurs membres. (7) Et c’est ce que dit Homère : ’’Chacun fait la loi pour ses enfants et ses femmes13.’’
Car les familles étaient dispersées: c’est ainsi que l’on vivait autrefois.
Et d’ailleurs, pour ce qui est des dieux, c’est pour cela que tout le monde prétend qu’ils ont un roi, parce que les hommes eux-mêmes ou bien sont encore soumis à des rois, ou bien l’ont été à l’origine; et de même que les hommes se représentent les dieux à leur image, de même supposent-ils aux dieux une vie comparable à la leur14.
(8) Quant à la communauté achevée formée de plusieurs villages, c’est la cité, qui a déjà atteint une sorte d’autarcie complète : sa genèse s’explique par les nécessités vitales, mais quand elle existe, elle permet, en plus, une vie heureuse.
C’est pourquoi toute cité est naturelle, puisque le sont les premières communautés qui la constituent. Car elle est leur fin, et la nature est fin: car ce que chaque chose est une fois que sa genèse est complètement achevée, nous disons que c’est la nature de cette chose, ainsi pour un homme, un cheval, une famille. (9) De plus le ’’ce en vue de quoi15’’ c’est-à-dire la fin, c’est le meilleur; et l’autarcie est à la fois une fin et le meilleur.
Nous en déduisons qu’à l’évidence la cité fait partie des choses naturelles16, et que l’homme est par nature un animal politique; si bien que celui qui vit hors cité, naturellement bien sûr et non par le hasard des circonstances17, est soit un être dégradé, soit un être surhumain: il est comme celui qu’Homère injurie en ces termes ’’Sans lignage, sans loi, sans foyer18.’’ (10) Car un tel homme est du même coup naturellement passionné de guerre. Il est comme une pièce isolée au jeu de tric-trac19.
C’est pourquoi il est évident que l’homme est un animal politique, bien plus que n’importe quelle abeille ou n’importe quel animal grégaire. Car, nous le disons souvent, la nature ne fait rien en vain. Et seul parmi les animaux l’homme est doué de parole20.
(11) Certes la voix sert à signifier la douleur et le plaisir, et c’est pourquoi on la rencontre chez les autres animaux (car la nature est parvenue jusqu’à la faculté de percevoir douleur et plaisir et de se les signifier mutuellement). Mais la parole existe en vue de manifester l’utile et le nuisible, puis aussi, par voie de conséquence, le juste et l’injuste. (12) C’est ce qui fait qu’il n’y a qu’une chose qui soit propre aux hommes et les sépare des autres animaux: la perception du bien et du mal, du juste et de l’injuste et autres notions de ce genre; et avoir de telles notions en commun, voilà ce qui fait une famille et une cité.
De plus la cité est par nature antérieure à la famille et à chacun d’entre nous. (13) Car le tout est nécessairement antérieur à la partie21; car si le corps entier est détruit il n’y a plus ni pied ni main, si ce n’est par homonymie, comme quand on parle d’un pied ou d’une main de pierre, car ils ne seront ainsi qu’après la mort, et toutes les choses se définissent par leur fonction et leur aptitude22; si bien que, quand elles n’ont rien conservé de ces propriétés, il ne faut pas dire que ce sont les mêmes choses, mais qu’elles n’ont de commun que le nom. (14) Que, donc, la cité soit à la fois naturelle et antérieure à chacun de ces membres, c’est évident. S’il est vrai, en effet, que chacun pris isolément n’est pas autosuffisant, il sera dans la même situation que les autres parties vis-à-vis du tout. Aussi, celui qui ne peut pas appartenir à une communauté, ou qui n’en a nullement besoin du fait qu’il est autosuffisant n’est en rien une partie d’une cité: par conséquent c’est soit une bête soit un dieu.
(15) C’est donc par nature qu’il y a chez tous les hommes une tendance à constituer une telle communauté; il n’en est pas moins vrai que le premier qui la constitua fut cause des plus grands biens23. Car du fait même qu’un homme accompli est le meilleur des animaux24, de même, quand il a rompu avec la loi et la justice, il est le pire de tous. (16) Car la plus terrible des injustices est celle qui a des armes. Or l’homme vient au monde pourvu d’armes qui doivent le rendre sage et vertueux25; mais il peut en user pour des fins absolument inverses. C’est pourquoi l’homme est tellement impie et féroce quand il est sans vertu et il est le pire des animaux dans ses dérèglements sexuels et gloutons. Or la vertu de justice appartient au domaine politique; car c’est la notion de juste qui introduit un ordre dans la communauté politique, et l’application de la justice marque la frontière entre le juste et l’injuste26.
1- pour Aristote, la reproduction permet aux êtres vivants d’imiter l’éternité des êtres divins.
2- Cette distinction est particulièrement importante dans le domaine du commandement: certains pouvoirs sont conformes à la nature et d’autres non, c’est-à-dire qu’ils reposent sur la violence. Sur cette différence se fonde toute théorie aristotélicienne de l’esclavage.
3-
11- Charondas de Catane (VI° siècle) fut le législateur des cités fondées en Italie et Sicile par les Chalcidiens. Epiménide était un devin crétois.
12- Il y a, en grec, une affinité étymologique entre famille (oikia) et colonie (apoika) que le français ne peut rendre. La colonie, bien qu’elle soit une cité au développement autonome, garde avec sa ’’métropole’’ (c’est-à-dire la cité d’où sont partis ceux qui l’ont fondée) des liens culturels, mais aussi souvent économiques, religieux et institutionnels.
13- ’’Peuplades’’ traduit ethné, pluriel de ethnos.
14- Odyssée
15- Cette théorie ’’matérialiste’’ de la religion ne s’applique qu’à la religion populaire et n’empêche pas le philosophe d’être monothéiste.
16- Cette expression désigne ce que les interprètes de l’aristotélisme appellent la cause finale.
17- L’affirmation, ici, de cette thèse présentée comme le résultat nouveau d’un raisonnement, alors qu’elle a déjà été posée plus haut, peut être considérée comme une preuve du caractère non définitivement rédigé de notre texte.
18- Une tendance naturelle peut donc avoir besoin d’une force extérieure qui lui permette de se réaliser.
19- La biologie d’Aristote est anthropocentrée. On ne peut comprendre les vivants qu’à partir du schéma corporel de l’homme qui est ’’celui des animaux qui est le plus conforme à la nature’’ (Traité de la Marche des animaux).
20- Le texte est grammaticalement difficile. Ces armes sont peut-être les vertus morale qui découlent de la possession du langage. C’était un lieu commun de la littérature philosophique grecque que d’opposer l’homme nativement dépourvu de moyens aux animaux mieux pourvus, et de montrer la culture intellectuelle et technique comme étant un détour pour surmonter le handicap humain initial.
21- Texte difficile et légère paraphrase.
Cause : Aristote répète souvent que la connaissance scientifique requiert la connaissance des causes. Mais sa conception de la science et de la cause diffère de la nôtre. Pour Aristote il y a quatre causes, ce qui veut dire que les choses peuvent être expliquées de quatre points de vue différents correspondant à quatre questions distinctes qu’on peut poser à la réalité:
Qu’est-ce que c’est ? (cause formelle, définition, ou essence de la chose)
De quoi est-ce fait ? (cause matérielle)
Qu’est-ce qui fait que la chose est ? (cause motrice ou efficiente)
En vue de quoi la chose est-elle ? (cause finale)
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Réponse de notre équipe pédagogique :
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Chapitre d’ Aristote :
Ce chapitre décrit la relation entre l’individualité et la cité (via les étapes que sont le village et la famille).
Les différentes étapes de constitution de la Cité sont présentées comme découlant de la nature humaine.
1) Le plan du texte est le suivant :
1ère Partie :
- Constitution, par INSTINCT de la famille élémentaire, composée de : lH+ la F ; le Maître + l’esclave (du début jusqu’à note 5)
- rassemblement par BESOIN réciproque de plusieurs familles pour former un village, sous l’autorité d’un roi patriarche (le + agé) (jusqu’à note 8)
- Constitution de la CITE, formée de plusieurs villages,, et définie par son AUTARCIE, c’est à dire son autosuffisance
2è partie : Preuves du caractère nécessaire de cette formation :
- la nature humaine, qui le pousse à l’échange et en fait un « animal politique »
- le langage, qui lui donne les moyens de communiquer
- le sentiment de justice, qui entre tient l’ordre dans la cité et fait régner la paix et le bonheur
2) Les 2 thèses principales peuvent être formulées ainsi :
- L’ Homme construit des CITES pour répondre à sa NATURE humaine : la Cité est donc une forme naturelle et non imposée
- En faisant cela, l’ homme obéit au BESOIN et à la NECESSITE : ce n’est pas par idéal qu’il agit ainsi mais par commodité.
3° L’affirmation « toute cité est naturelle » découle de la 1ère partie du Texte, où Aristote a prouvé que le rassemblement progressif (famille,village, cité) obéissait à l’instinct ‘de reproduction et de domination) et au besoin (de survivre sans dépendre des autres : l’autarcie)
3) « l’homme est, par NATURE, un animal politique » est la conséquence de la phrase précédente.
4) Si la cité est naturelle, c’est que l’homme est naturellement porté à se mettre en communauté : cela découle de sa Nature, et non d’un apprentissage. « politique » est à prendre au sens large de « sociable » : pour vivre hors de la cité, il faut donc n’avoir jamais besoin de rien (= être un Dieu) ou ne pas vouloir accéder aux désirs des autres (= être une bète)
5) les arguments donnés sont :
- la parole, qui serait une cause finale : l’homme est doté de parole en vue de pouvoir s’unir à d’autres
- l’antériorité de la cité par rapport à la famille serait cause efficiente, car elle nous conduit à vivre ainsi
- enfin, le sentiment de justice : serait la cause formelle, qui définit l’organisation de la cité comme la meilleure possible pour l’homme
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