Partout en France

Formulaire de contact

Obtenez gratuitement des informations personnalisées sur les cours particuliers KeepSchool !

Pour cela, c'est simple et rapide, entrez vos coordonnées : (Etape 1 sur 2)

 
Mentions Légales


Demande de brochures KeepSchool vous rappelle inscription client

Autre sujet

Impression facile
Matière Niveau Section
11Philosophie Terminale L
Chapitre Autre sujet
Prestation Explication courte d'un sujet de dissertation ou sur un commentaire de texte
Enoncé
Pourquoi écrit-on les lois?

Réponse de notre équipe pédagogique :

Il faut avant tout prendre garde ici à la spécificité du sujet, qui ne pose pas seulement la question du pourquoi de l’existence des lois, mais plus précisément le pourquoi de leur caractère ECRIT ; implicitement donc, le sujet demande pourquoi on juge souvent nécessaire d’écrire les lois, et pourquoi inversement on ne peut se contenter de lois orales, ou qui résideraient seulement dans l’intériorité des individus humains...

C’est grâce à une telle comparaison que l’on peut d’abord comprendre la nécessité d’écrire les lois (ces quelques points peuvent faire l’objet d’une première partie) :

- écrire, cela signifie " fixer " matériellement, et par là rendre stable, ce qui sans cela demeurerait évanescent, fluent, et risquerait de disparaître de la mémoire des hommes : écrire, c’est laisser une trace matérielle et durable de la pensée humaine (sans laquelle les lois, fondamentales pour l’organisation de la communauté politique, seraient sans cesse oubliées et perdues) ;

- mais écrire, cela implique aussi de rendre public (de " publier ") ce qui demeurerait autrement connu d’un petit nombre seulement (si les lois sont seulement dites oralement, ou relèvent de l’intériorité seule) : en France par exemple, chacun peut se référer aux divers codes (pénal, civil...) dans lesquels les lois sont écrites et répertoriées. C’est là ce qui justifie l’adage suivant lequel " nul n’est censé ignorer la loi ", puisqu’elle est accessible à tous. A cet égard, on peut se référer à Hegel, qui dans les Principes du Droit (§215, 228) rappelle que la communicabilité et la connaissabilité de la loi font partie de son essence même :une loi ésotérique, qui ne serait pas connue de tous, ne saurait être véritablement juste (§215 : " l’obligation envers la loi implique que les lois soient universellement connues ").

- C’est donc, on le voit, grâce seulement à l’écriture, que la loi peut en outre être considérée comme authentiquement universelle, aux deux sens du terme, c’est-à-dire : non seulement toujours valable, mais aussi connaissable ou connue par tous ; une loi est, par définition, un principe ou une règle universels ; cette définition même semble donc exiger que la loi soit écrite, et par là rendue accessible à tous. (Hegel, Principes..., §209 : " il faut, d’une part, que le droit existe pour la conscience et soit donc connu de chacun ; il faut d’autre part qu’il ait la puissance d’être effectivement réel et valide pour tous, et qu’ainsi il soit connu comme ce qui a une validité universelle "). L’écriture , par opposition à la parole subjective et individuelle, contribue à donner au droit et aux lois leur objectivité et leur universalité.

- Enfin, en objectivant et en spatialisant la pensée, l’écriture doit permettre aussi de la mieux organiser, de la rationaliser ; l’écriture peut ainsi permettre d’organiser un système cohérent et rationnelle de lois (en ce sens Hegel remarque qu’il ne suffit pas de mettre par écrit des règles issues de la coutume pour fonder un droit véritable,, encore faut-il que l’écriture amène à une justification et à une rationalisation des lois juridiques).

Tout ceci est dit en faveur de l’écriture des lois ; toutefois, afin d’éviter un devoir trop univoque, il faut aussi sans doute s’interroger sur les insuffisances ou inconvénients des lois écrites.
Tout d’abord, on peut opposer, aux lois écrites, l’alternative de lois non-écrites, mais qui proviendraient de l’intériorité morale des individus : cette alternative est fort bien présentée par le conflit, dans l’Antigone de Sophocle, entre Créon qui, se fondant sur les lois écrites (politiques) de son pays, refuse de faire enterrer son neveu, et Antigone qui, se fondant sur les lois non-écrites (plutôt d’ordre moral) juge au contraire que le respect dû à l’humain implique qu’elle doit à tout prix (fût-ce celui de sa propre mort) rendre à son frère les derniers hommages. On peut ici se demander si le prestige de l’écriture ne contribue pas parfois à donner une autorité à des lois pourtant injustes ou illégitimes, face à laquelle il faudrait se référer aux lois non-écrites issues de notre conscience interne du devoir moral.
Peut-on alors préférer les lois morales non-écrites aux lois écrites ? Non sans doute, ainsi que l’abien vu Platon dans les Lois : car les hommes ne sont pas spontanément bons ni moraux, de sorte que se fier aux volontés individuelles des citoyens ou des dirigeants ne saurait être dépourvu de risques, les uns et les autres étant toujours imparfaits, mieux vaut se référer à l’autorité et aux limites imposées à tous par les lois écrites et stables, qui évitent l’arbitraire des uns et des autres (Lois, 875a), qui visent à l’intérêt commun et non à celui de quelques uns ( " Il est indispensable de se donner des lois et de vivre conformément à ces lois... car il n’y a absolument pas d’hommes qui naissent avec une disposition naturelle à discerner ce qui est avantageux pour l’humanité en vue de l’organisation politique... ") ; les lois non-écrites, issues de la coutume ou de la moralité intérieure des individus, peuvent et doivent sans doute compléter les lois écrites, car elles assurent la cohésion de la communauté politique, mais elles ne sauraient les remplacer (Lois, 793a-d).

On voit alors du moins que l’écriture des lois, si elle est sans doute nécessaire, ne suffit pas cependant pas à rendre légitime toute loi quelle qu’elle soit : que les lois soient écrites et ainsi rendues stables, publiques, universelles, ne doit pas empêcher qu’on les mette parfois en question.
- A cet égard, on se réfèrera à la critique platonicienne de l’écriture dans le Phèdre : l’écriture permet certes de fixer et de mémoriser nos idées, mais ce faisant elle les fige aussi, et fait de la pensée vivante une pensée morte, figée, sans mouvement – ce qui est un danger auquel doit au contraire s’opposer la pensée philosophique qui doute, questionne, et éventuellement critique. A cet égard l’autorité des lois écrites ne doit pas non plus échapper à l’examen d’une pensée vivante et critique : il arrivera alors qu’une loi soit modifiée ou supprimée, si elle se dévoile illégitime, ou si les changements historiques ou sociaux l’ont rendue caduque.
- C’est pourquoi aussi Aristote note dans l’Ethique à Nicomaque (V, 14) l’insuffisance des lois à assurer par elles-mêmes cette forme supérieure de justice qu’est l’ " équité " :les lois écrites statuent sur le cas général (par ex : il est interdit de voler), mais il reste encore à savoir les appliquer correctement à tel cas particulier (par ex : cette femme qui a volé du pain pour nourrir ses enfants), pour en juger convenablement ; c’est là le rôle du juge ou magistrat, qui doit ainsi, non seulement connaître la loi écrite, mais aussi savoir l’interpréter convenablement afin de ne pas, dans l’application de la loi, commettre d’injustice.

En d’autres termes, s’il est nécessaire que les lois soient écrites, il faut faire en sorte cependant que ce caractère écrit et stable ne signifie pas pour autant la mort de toute pensée ou de toute réflexion, mais qu’elle soit au contraire pour nous le point de départ d’une réflexion critique, d’une interprétation, d’une interrogation, sans lesquelles les lois écrites deviendraient synonymes non plus de justice, mais de dogmatisme et d’injustice.

' '

 
Obtenez gratuitement des informations personnalisées sur les cours particuliers KeepSchool !

Pour cela, c'est simple et rapide, entrez vos
coordonnées : (Etape 1 sur 2)
OU contactez nous : Rappel gratuit soutien scolaire KeepSchool Rappel gratuit et immédiat  
 
 
 (ex : 0102030405)
 (ex : nom@domaine.fr)
 

 

Pourquoi choisir KeepSchool


soutien scolaire
Pour un conseil gratuit et personnalisé, appelez le ou complétez le formulaire ci-dessus :


Plan du site | Qui-sommes-nous ? | Contact | CGS | Mentions Légales | Presse | Partenaires | Adiscos formations | Cours-de | Nachhilfe | Nachhilfe Berlin | Prépa Bac | Prépa Brevet
Tarifs | révision examen | programme scolaire | Job étudiant | Mots clés | Professeurs KeepSchool | résultats bac 2012 | Formation informatique | anglais | espagnol | école de langue linguistique

Copyright © 2000-2012 KeepSchool - Soutien scolaire, cours particuliers