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Autre sujet |
Impression facile
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| Matière |
Niveau |
Section |
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11Philosophie |
Terminale |
L |
| Chapitre |
Autre sujet
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| Prestation |
Plan détaillé sur un sujet de dissertation |
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| Enoncé |
| Les paroles engagent-elles tout autant que les actes? |
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Réponse de notre équipe pédagogique :
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Les paroles engagent-elles tout autant que les actes ?
Introduction
A première vue, on peut hésiter à faire de la parole un acte. La parole est un énoncé verbal, orale qui n’est pas forcément suivie d’un acte. Il y a des paroles en l’air et, comme on parle souvent pour ne rien dire, il est aussi possible de parler sans faire.
Agir, c’est inscrire sa marque dans les choses, dans le réel, c’est faire, et il semble que cette marque portée sur le réel ait quelque chose de plus irrémédiable que la parole qui peut être effacée par une autre parole.
Pourtant : la parole n’est pas si éloignée que cela de l’acte. D’abord parce qu’une parole prononcée ne s’efface pas aussi rapidement que l’on croit (parole blessante, mot qui humilie ou qui provoque une joie durable), ensuite parce que tout dépend de la force, de la conviction, de l’engagement avec lesquels on manie la parole. Ne dit-on pas, donner sa parole ? Et ne s’engage-t-on pas alors dans l’action, comme si la parole était un début d’acte, l’assurance que l’acte existera ?
I. Le verbalisme
- Définir la parole inutile. La logorrhée, le bavardage sont des paroles, mais des paroles creuses, sans grande portée, qui possèdent une épaisseur ontologique (un être) faible, de surface, limité.
- la parole prononcée sous la contrainte par exemple n’est que de l’énoncé oral, elle n’engage pas celui qui la prononce. Faire le rapprochement, par exemple avec ce que dit Aristote de l’acte volontaire : « un acte est involontaire quand il est accompli sous la contrainte et par ignorance ».
- ici, parole prend le sens le plus faible de prononciation.
II. La parole comme acte d’une pensée
- Ferdinand de Saussure (linguiste Suisse du début du 20è siècle, considéré comme le père de la linguistique moderne), dans ses Cours de linguistique générale donne cette définition de la parole : elle est « une acte individuel de volonté et d’intelligence ». Il y a bien le mot acte. De même que la volonté exige de celui qui veut un acte de pensée, de la prévision, de la délibération, donc un certain engagement personnel, la parole n’est pas dénuée de toute actualité.
- la parole peut être percutante et avoir une épaisseur ontologique réelle : paroles fortes prononcées dans des circonstances extrêmes. La parole peut « faire » agir, même si on ne la considère pas comme un acte. Or, si elle est cause d’un acte, elle est elle aussi une sorte d’acte. Elle permet l’actualisation. Si on reprend la terminologie aristotélicienne, la parole est acte car elle est le changement en trian de s’accomplir, l’actualisation, même si elle n’est pas l’aboutissement du changement une fois celui-ci réalisé.
III. La parole comme acte de langage
- On peut citer des exemples de la force de la parole : dans la Bible, Jésus donne pour mission aux apôtres de répandre la bonne parole. Cette parole est synonyme de changement, elle transforme les mentalités et elle est censée amener des bouleversements dans l’humain, dans l’organisation sociale, politique, etc. Il y aurait donc une véritable force de la parole.
- La parole est capable d’endormir l’enfant (ce n’est pas tant le sens de ce qui est prononcé mais la manière dont on prononce qui compte alors). La parole a des effets physiologiques évidents.
- théorie contemporaine des actes de langage : l’énonciation verbale est un véritable acte qui opère des transformations sur les interlocuteurs. Exemple : donner un ordre, supplier, jurer…
- Il y a des conditions dans lesquelles une simple parole peut être très forte. Le philosophe et linguiste J.L.Austin (20è siècle), dans son ouvrage Quand dire c’est faire, s’est intéressé au thème de la promesse. Il montre que lorsque nous faisons une promesse, la parole est inséparable de la pensée, de la volonté et de l’action. La promesse force le locuteur (celui qui parle) à tenir parole, donc à agir aussitôt que la promesse a été formulée (à haute voix ou non). Si, par exemple, je promets que je me battrai en duel au cas où on ne m’a pas respecté, je m’engage à agir, je ne peux plus reculer. De la même manière, donner un ordre, c’est d’une part prétendre que le destinataire est obligé d’effectuer une certaine action, et c’est d’autre part prétendre qu’il y est obligé à la suite de cet ordre. Le locuteur attribue à sa propre parole le pouvoir de créer un acte.
Conclusion
il faut donc distinguer sens large et sens restreint de parole. Le psittacisme (parler pour ne rien dire, répéter sans comprendre comme les perroquets) n’a pas le pouvoir de la parole donnée, du serment.
Il est à noter que seul l’homme, parce qu’il a une pensée et une conscience morale, est capable de donner un poids à ses paroles. Les paroles peuvent être de véritables actes et engager des comportements forts, marquants la réalité. Mais ce pouvoir de la parole est aussi dangereux, l’homme doit se reconnaître responsable de ses paroles.
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