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Droit.Justice |
Impression facile
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| Matière |
Niveau |
Section |
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11Philosophie |
Terminale |
ES |
| Chapitre |
Droit.Justice
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| Prestation |
Commentaire détaillé d'un texte ( joindre le texte, l'auteur, la date) |
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| Enoncé |
Telle est la nature de l’équitable, qui est un correctif de la loi là où elle se montre insuffisante en raison de son caractère général. Tout ne peut être réglé par la loi. En voici la raison : pour certaines choses, on ne peut établir de loi, par conséquent, il faut un décret. En effet, pour tout ce qui est indéterminé, la règle ne peut donner de détermination précise, au contraire de ce qui se passe dans l’architecure à Lesbos, avec la règle de plomb ; cette règle, qui ne reste pas rigide, peut épouser les formes de la pierre ; de même les décrets s’adaptent aux circonstances particulières. On voit ainsi clairement ce qu’est l’équitable, que l’équitable est juste et qu’il est supérieur à certaine sorte de juste. On voit là avec évidence ce qu’est aussi l’homme équitable : celui qui choisit délibérément une telle attitude et la pratique ; celui qui n’est point trop pointilleux, au sens péjoratif, sur le juste, mais qui prend moins que son dû tout en ayant la loi de son côté, est un homme équitable, et cette disposition est l’équité, qui est une forme de justice et non une dispositions différente. ARISTOTE
Ethique à Nicomaque Livre V, fin chap 14. |
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Réponse de notre équipe pédagogique :
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Texte d’ Aristote sur le droit :
Votre texte a pour thème la distinction juridique essentielle entre la Loi et le Droit. Elle pose une différence toujours en vigueur aujourd’hui : la Loi est générale, le droit est une application au cas particuliers : c’est la raison pour laquelle il existe des magistrats et des tribunaux car si le droit était universel, il suffirait d’appliquer mécaniquement la sanction adaptée à toute faute pour que l’affaire soit réglée rapidement. Or, il ya toujours des circonstances atténuantes ou aggravantes à prendre en compte : c’est ce qu’on appelle la JURISPRUDENCE.
Ici, Aristote affirme la supériorité de celle ci par rapport à la loi universelle.
Il la fait en 2 temps, que vous devrez respecter dans votre commentaire :
- d’abord, il dénonce les insuffisances de la loi.
- Puis il montre la supéritorité du Droit, qui fonde l’ EQUITE
Dans un 3è temps, si vous avez étudié ce thème, vous pourrez élargir le propos en comparant cette thèse à celle d’autres auteurs.
1) Première partie : L1-8
Ici, aristote se contente de montrer la nécessité de trouver un « correctif » à la loi. Il pense que la généralité n’est pas une qualité, mais un défaut, ce qui mérite d’être discuté.
Ensuite, il nomme ce correctif : le décret, c’est-a-dire la façon d’appliquer une loi, définie par un magistrat.
Il fait ensuite un raisonnement par analogie : de même que la règle de Lesbos, qui s’adapter aux irrégularités de la pierre permet des calculs plus justes qu’une règle rigide, qui conduit à l’erreur, de même, le décret est plus juste que la loi parce qu’il s’adapte aux circonstances.
2) Deuxième partie : L8-Fin
Ce raisonnement par comparaison lui permet ensuite de définir ce qu’est l’ EQUITE.
Il a la même supériorité par rapport à la justice que le décret par rapport à la loi : celle-ci vient du fait que l’équité reste conforme à la justice, qu’elle ne peut pas la réfuter ni lui tourner le dos, mais qu’elle s’adapte aux cas particuliers.
Ainsi, l’homme équitable est celui qui, d’après l’auter connaît ce qu’on lui doit ( ce que la loi lui reconnaît en échange d’un travail fourni), mais qui réclame moins, par exemple s’il travaille pour des gens pas très riches.
3) Elargissement :
Voici quelques pistes, à user avec modération, selon ce que vous avez étudié en cours :
1) La dimension historique du Droit :
- dans les faits, la PRATIQUE historique contredit les règles de droit : les exemples actuels de corruption, comme ceux qui pèsent autour du Président Chirac, peuvent vous inspirer
- -de +, il n’est pas impensable philosophiquement que la nature de l’Homme le pousse à contourner la loi : ainsi, pour Nietzsche par exemple, la loi n’est que l’expression déguisée du règne du plus fort. Il faut analyser la position morale de Nietszche, pour qui les règles morales ne sont que des déguisements de notre faiblesse ; il propose à l’inverse d’assumer notre instinct de domination qu’il appelle la volonté de puissance. Pour lui, il n’est pas impensable philosophiquement que la nature de l’Homme le pousse à contourner le droit : ainsi, pour Nietzsche par exemple, la loi n’est que l’expression déguisée du règne du plus fort.
- Citez Hobbes pour qui, à l’inverse de Rousseau, "l’homme est un loup pour l’homme" et ne pense qu’à lui nuire. Par conséquent, l’intérêt ici est le contraire du droit, parce qu’il se fonde sur l’ INEGALITE de force, alors que le droit vise à un principe universel.
- Machiavel fut le théoricien de la politique fondée sur l’intérêt, la force et le triomphe du vice et initia l’idée qu’en politique, "la fin justifie les moyens". De même, les ethnologues, qui ont étudié les sociétés primitives, ont en effet montré que la violence découle des institutions sociales : elles ne se déclenchent pas pour les mêmes raisons dans tous les pays : ainsi, notre violence résulte de l’inégalité, de la jalousie etc…
2) Des principes universels :
- A l’origine, la q° politique par excellence est celle du meilleur régime politique possible. Platon ds la République, énonce les conditions d’arrivée au pouvoir des philosophes, aptes à constituer le meilleur régime possible en édifiant le droit.
- Aristote, dans La Politique, rappelle l’étymologie de "polis"(la cité), fondée sur la volonté commune de vivre ensemble, d’où découle le pouvoir, délégué par le plus grand nombre à quelques uns.
- La JUSTICE est le concept par lequel s’exprime l’harmonie entre droit et morale parce qu ’ elle est garantie par des tribunaux publics, mais elle est reconnue au plus profond de chacun, comme l’expression de ce qui doit être fait.
- Vous pouvez étudier la question d’un point de vue moral, en montrant le point de vue de Kant, pour qui l’homme est conscient d’être à lui seul un résumé de la condition humaine universelle, et donc ne fait pas le mal par simple souci d’éviter la réciproque.
- Il faut ici étudier les théories politiques de Rousseau, pour qui l’homme est bon par nature, mais c’est la société qui le corrompt ; il plaide donc pour l’intérêt individuel comme fondement des droits.
3) L ’Etat de Droit :
Il y a donc bien une dimension historique et une dimension morale (universelle ) dans le Droit. Les 2 s’harmonisent autour de la notion d’ Etat de droit, dans lequel l’ Etat n’abuse pas de sa propre puissance, mais au contraire la régule en se fixant ses propres règles
- cela ne va pas toujours de soi : Jean Bodin, le théoricien de l’absolutisme en France au XVIè siècle ne voyait pas de limite au pouvoir du roi, mais la régulation lui venait de Dieu : c’est la TEMPERANCE naturelle.
- Aujourd’hui encore, Max Weber définit l’ Etat comme celui qui a le "monopole de la violence légitime" , mais des instances supérieures : ONU, Droits de l’homme : régulent sa conduite
- De +, à l’intérieur même de l’ Etat,, l’existence de contre pouvoirs (médias, partis politiques) pour critiquer les abus éventuels de l’ Etat sont des moyens de parvenir à des sociétés régulées, où histoire et morale fondent l’évolution quotidienne du droit.
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