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Texte de Alain : la philosophie de l’histoire
Il faut tout d’abord expliquer à qui s’adresse la critique d’Alain.
Alain vise tout ceux qui ont définit une philosophie de l’histoire et
l’expliquent par des principes rationnels et immuables :
A : Marx et le matérialisme dialectique
Pour Marx, l’histoire évolue de façon prévisible et selon
le mécanisme de la lutte des classes et de l’exploitation d’une classe
par une autre, la fin de l’histoire correspondant à l’avènement
d’une société sans classes.
B : Hegel et le règne de la raison
Pour Hegel, l’histoire et en particulier l’histoire de la liberté humaine
évolue de façon rationnelle, en progressant et en surmontant ces
contradictions à chaque fois.
A part ces philosophes, nombreux sont ceux qui croient à un destin supérieur
de l’histoire qui obéirait à une raison cachée.
Panglos : dans Candide, il est l’intellectuel, qui grâce à son
verbe trouve toujours une explication supérieure.
Tolstoï : représente le type d’homme qui se sentent écrasé
par un destin auquel ils ne peuvent échapper.
I : La critique des théories de l’histoire
A : La critique du progrès infini
Alain critique cette vision des choses, qui pour lui est une "Belle Image".
Par Image, il entend qu’il s’agit d’une construction intellectuelle abstraite
et fausse, qui cherche absolument et de façon fausse un Progrès
B : La critique du rôle des individus
La croyance en une idée de progrès entraîne une autre erreur
: la sous-évaluation du rôles des individus. Pour les philosophes
de l’histoire, la croyance en un progrès irréversible fait qu’ils
considèrent les personnages historiques comme des pantins qui agissent
dans le même sens, alors même qu’ils se sentent opposés.
C : La critique du fatalisme
La croyance en une direction de l’histoire prédéfinie ainsi qu’en
un rôle amoindri des individus entraîne un fatalisme par rapport
aux évènements et un sentiment d’impuissance par rapport à
eux. ( Tolstoï) et nous incite à ne rien faire pour le changer (
Pas de différence dans les conséquences entre l’action du sage
et du fou...)
II : L’histoire selon Alain
A : L’histoire n’obeit pas à un déterminisme
L’histoire avance selon les actions des hommes et leur volonté. Cela
correspond bien à la doctrine d’Alain pour qui les choses ne sont ni
hostiles, ni bonnes ni mauvaises mais simplement indifférentes. L’histoire
n’a pas de sens prédéfini, elle évolue selon la volonté
des hommes.
B : Les actions des individus ne sont pas vaines
Les individus ne doivent pas se sentir dépassés ou humiliés
par la puissance des choses, car ils créent eux-mêmes leur destinée
et la destinée humaine. Ils ne doivent pas se créer de monde fictif
qui rendrait vaines toutes leur action.
C : La fatalité est une invention humaine
La fatalité est donc une invention humaine tout comme toute idée
de fin. Elle est le produit de l’imagination et du verbiage comme celui de Pangloss
ou de façon plus élaboré des philosophes qui raisonnent
par systèmes. Mais ces systèmes sont aussi des images.
L’homme ne doit pas être esclave de son imagination.
Selon Alain en effet "Idéal : modèle qu’on se compose en
vue de l’admirer et de l’imiter. L’idéal est toujours nettoyé
d’un peu de réalité qui ferait tâche".
CCL : Alain nous invite à refuser tout déterminisme, qui est
une fiction détruisant le respect pour l’homme et son action. Il faut
rejeter toute fatalité et réhabiliter l’action humaine dans l’histoire.