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l’histoire
peut elle apporter à l’homme la matière de l’expérience ?
Il faut
tout d’abord définir correctement les termes du sujet
histoire:
En un premier sens le mot "histoire" désigne
le récit authentique du passé humain. En un second sens, l’Histoire est la réalité
historique elle-même, c’est à dire la totalité de ce qui a eu lieu, a lieu et
aura lieu aussi longtemps qu’il y aura des hommes
apporter:
Donner, fournir sur le plan moral, intellectuel.
homme:
être appartenant à l’espèce animale la plus évoluée de la Terre.
matière:
Ce qui constitue l’objet, le champ, le point de départ ou d’application de la pensée.
expérience:
L’expérience : «l’exercice des facultés intellectuelles, considéré comme fournissant à l’esprit des connaissances valables qui ne sont pas impliquées par la nature de l’esprit...» (Lalande).
PROBLÉMATIQUE
Le terme d’histoire est un terme ambigu car il mêle deux
choses -soit le récit des évènements relatifs à l’homme ou à un groupe d’êtres.
terme que l’on a l’habitude d’écrire avec un petit h -soit la science et méthode
qui permet d’acquérir et de transmettre des connaissances. Terme que l’on écrit
cette fois avec un H majuscule. Le problème est de savoir si l’histoire peut
fournir un terrain sur lequel l’homme peut en tirer de l’expérience ou de la
connaissance ou si l’histoire n’est en fait qu’un spectacle dans lequel l’homme
n’est qu’un acteur malgré lui?
I-L’HISTOIRE N’EST PAS MATIÈRE A EXPÉRIENCE MAIS DÉSORDRE POUR
L’HOMME
1-le chaos de l’histoire
L’histoire de l’humanité est longue, variée et irrégulière. Des choses
restent, d’autres disparaissent et c’est pour cela que l’histoire comme méthode
scientifique est apparue. L’histoire est un désordre immense. Derrière ce
chaos, nombreux ont été ceux qui on cherchait une logique, une unité a ce qui
est d’abord multiples.
2-la violence de l’histoire
L’histoire est faite de guerres et encore de guerre qui renforce pour nous ce
sentiment de désordre, car au nom du progrès, de dieu, ou même de l’histoire
elle même, la violence se répandue de manière sanglante.
3-l’absurdité de l’histoire
Levinas voit dans le génocide de la seconde guerre mondiale l’absence
de sens qu’il appelle l’absurdité. L’absurde vient à la fois du fait qu’il n’y
a pas d’utilité, qu’elle est souffrance et qu’elle est vouée à la répétition.
(cf. aussi le mythe de Sisyphe)
Il semble donc que l’histoire n’avance pas mais qu’elle piétine enfermé par
un désordre qui la rend absurde.
II-L’HISTOIRE REND POSSIBLE TOUTE ACTION HUMAINE
1-le temps individuel
Mais il ne faut pas accorder au temps un seul caractère négatif en effet,
l’homme profite du temps pour pouvoir agir. Le temps sert le processus
biologique, il lui est utile. IL y a une fécondité du temps biologique qui
trouve sa pleine expression dans le fait que nous évoluons, nous évoluons.
C’est cet élan de l’homme comme pro-jet (Sartre) qui fait que pour mieux se
jeter vers le futur il faut bannir l’avenir.
2-le temps collectif
L’histoire est considérée comme un temps linéaire qui constitue une sorte
de mémoire pour l’humanité. Le temps n’est alors pas penser comme limite mais
comme constitutif de notre propre espèce. La fécondité de l’histoire est la
marque de l’humanité qui peut ainsi prendre la pleine mesure de la trace du
temps non plus comme limite mais comme ouverture et compréhension de sa propre
époque. L e passé est bien sur l’outil principal de l’historien. Or
l’importance de l’histoire montre bien que le passé a une fécondité. Il ne
faut pas faire table rase du passé car c’est le passé de l’humanité qui se
joue en chaque homme. Le passé d’un peuple c’est la transmission d’un héritage.
III-L’HISTOIRE A DU SENS POUR L’HOMME
1-L’histoire n’est pas un chaos
Même si l’histoire ne peut plus être synonyme d’éternel retour, ni de
providence ou de progrès il n’en reste pas moins que l’histoire même si comme
l’écrit Merleau-Ponty est désordre, elle a du sens.
2-il existe un ordre historique
Les historiens construisent l’histoire par des successions d’ages, de périodes
qui rendent intelligibles des évènements variés. la technique donne à
l’histoire un sens qui parait indéniable: celui de la succession logique des
inventions et découvertes. Il y a donc bien un ordre qui fait sens.
3-l’unification du monde
A partir du 15e siècle, l’humanité est entrée dans un processus
d’unification historique. Les révolutionnaires français ont inscrit leur déclaration
comme universelle. De fait aujourd’hui, tous les pays semblent avoir les mêmes
objectifs: croissance économique et liberté. La communication facilite cette
unification du monde. L’histoire a ainsi du sens en ce qu’elle nous donne la
possibilité non plus de connaître mais aussi de comprendre et de penser.
CONCLUSION
Or il faut comprendre l’histoire non pas seulement comme des données brutes
que l’on peut utilisées mais bien aussi comme valeur.
BIBLIOGRAPHIE
- HEGEL La Raison dans l’histoire
- NIETZSCHE: Considérations inactuelles, II, Les premières pages, Avoir un
passé?
- WEIL Philosophie et réalité, Beauchesne, pages 173 à 175
- RICOEUR Philosophie de la volonté, I page 119
Bon courage et n’hésites pas à me contacter si tu as des difficultés. A
bientôt.