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Irrationnel, sens, vérité |
Impression facile
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| Matière |
Niveau |
Section |
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11Philosophie |
Terminale |
L |
| Chapitre |
Irrationnel, sens, vérité
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| Prestation |
Commentaire détaillé d'un texte ( joindre le texte, l'auteur, la date) |
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| Enoncé |
Il y a peu à craindre pour la civilisation de la part des hommes cultivés et des travailleurs intellectuels. Les mobiles d’ordre religieux commandant un comportement culturel seraient chez eux remplacés sans bruit par d’autres mobiles d’ordre temporel; de plus ils sont, pour la plupart, eux-mêmes porteurs de la culture. Mais il en va autrement de la grande foule des illétrés, des opprimés, qui ont de bonnes raisons d’être des ennemis de la civilisation. Tant qu’ils n’apprennent pas que l’on ne croit plus en Dieu, tout va bien. Mais ils l’apprennent, infailliblement, même si cet écrit n’est pas publié. Et ils sont prêts à admettre les résultats de la réflexion scientifique, sans qu’en échange se soit produite en eux l’évolution que le penser scientifique a en l’esprit humain. Le danger n’existe-t-il pas alors que ces foules, dans leur hostilité contre la culture, n’attaquent le point faible qu’ils ont découvert en leur despote. Il n’était pas permis de tuer son prochain pour la seule raison que le bon Dieu avait défendu et devait venger durement le meurtre en cette vie ou dans l’autre; on apprend maintenant qu’il n’y a pas de bon Dieu, qu’on n’a pas à redouter sa vengeance; alors on tue son prochain sans aucun scrupule et l’on n’en peut être empêché que par la force temporelle. Ainsi ou bien il faut contenir par la force ces foules redoutables et soigneusement les priver de toute occasion d’éveil intellectuel, ou bien il faut réviser de fond en comble les rapports de la civilisation à la religion.
FREUD |
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Pistes |
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| Je désirerais avoir une étude ordonnée complète de ce texte. Merci d’avance. |
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Réponse de notre équipe pédagogique :
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INTRODUCTION
Ce texte de Freud est un extrait de son livre "malaise dans la civilisation"
dans lequel il montre les problèmes auxquels la civilisation doit faire
face. Ici, le danger auquel la civilisation doit faire face est la disparition
de la religion : qu’y a-t-il à craindre de la part de la religion sur
la civilisation ? Comment penser la société depuis la mort de
Dieu ? L’enjeu du texte est d’abord de montrer que la civilisation doit être
repenser dans son rapport à la religion car dieu est mort comme l’a écrit avant
Freud Nietzsche et que ce dieu qui meurt renverse tous les rapports de l’homme
avec le monde.
1 - Ce n’est pas du coté des hommes cultivés et des penseurs mais des illétrés
et des opprimés qu’il faut voir un danger pour la société.
a - les gens cultivés sont les ceux qui contribuent le plus à
la civilisation et qui en ont tout à gagner : ils ont donc intérêt
à la protéger
- la culture et la civilisation ont des leins étroits
- pour les gens cultivés, la culture (et donc le développement
de la civilisation) est importante. Il accepteront donc aisément les
remises en cause.
b - de plus, ils ont les ressources intellectuelles et la culture nécessaires
pour ne pas seulement admettre mais également comprendre la réflexion
scientifique
- ces remises en cause seront d’autant moins problématiques qu’ils
l’intérioriseront : ils pourront lire les philosophes, comprendre leur
discours, etc.
- ainsi, la transition se fera en douceur.
2 - Les illétrés et les opprimés, eux, sont bien différents
: il sont à la fois une menace pour la civilisation et ont de bonnes
raisons de l’être
a - avant la "mort de Dieu", celui-ci servait à justifier
une large part des lois humaines et de la civilisation
- les dix commandements, par exemple, sont à la base de pans entiers
de la civilisation judéo-chrétienne
b - or cette civilisation prospère aux détriments des illétrés
et des opprimés qui n’ont pas la culture nécessaire pour comprendre
et intérioriser la réflexion scientifique
- ceux-ci sont en effet les laissers pour compte de la civilisation : leur
situation matérielle est mauvaise, et ils ne trouvent pas de consolation
intellecuelle.
- ils n’ont pas les ressources intellectuelles nécessaires pour comprendre
le discours des philosophes. Ils acceptent les conclusions sans lire les raisonnements.
- ils ne pourront donc pas comprendre que, sans Dieu, la civilisation les
libère plus qu’elle ne les asservit.
c - donc, si ils apprennent la "mort de Dieu", ils remettront
en cause les fondamentaux de la civilisation
- une fois Dieu mort, la civilisation perd en effet à leurs yeux une
grande partie de sa légitimité et de ses fondements.
- ils seront donc tentés de détruire la civilisation, qu’ils
considérent comme un tyran.
- Le danger qui existe est que la morale mise en place depuis des siècles
et les préceptes religieux ne soient plus considérés et que donc les illettrés
soient sujets à la rébellion contre les autorités quels que soient leurs types:
religieuses, politiques, sociales........Cette rébellion que Freud décrit
dans son exemple tuer son prochain montre deux choses: Tout d’abord que l’ordre
est régit par des lois irrationnelles mais que ces lois sont pourtant celles
qui permettre l’ordre social. Tuer son prochain ne devient pas alors un péché
au yeux de dieu puis qu’il n’existe plus mais bien un crime qui ne peut être
réprimé que par la force.
3 - Les solutions proposées par Freud pour répondre à
ce problème
a - ou bien on conserve les illétrés dans leur ignorance,
en leur cachant la "mort de Dieu"
- ainsi ils ne remettront pas en cause la civilisation
- mais ceci est impossible, Freud le dit clairement : même si la mort
de Dieu n’est ni proclamée ni écrite, sa réalité
va "filtrer" jusqu’aux plus démunis et incultes.
b - ou bien les rapports religion/civilisation doivent être repensés.
- c’est ici, à la fin du texte, que l’enjeu est mis en évidence
: L’enjeu du texte est d’abord de montrer que la civilisation doit être repenser
dans son rapport à la religion car dieu est mort comme l’a écrit avant Freud
Nietzsche et que ce dieu qui meurt renverse tous les rapports de l’homme avec
le monde.
Conclusion
Ainsi, Freud loin de faire une critique explicite de la religion (qu’il a fait
auparavant), il pense les nouveaux rapport de l’homme au monde. Ce texte et
le problème qu’il pose sont encore d’actualité. Par exemple, l’appel
au civisme souvent invoqué en réponse aux troubles des banlieues
est un moyen de reconsidérer les fondamentaux de la civilisation, pour
que les "illétrés et les opprimés" (aujourd’hui
appelés "défavorisés" acceptent la civilisation
malgré le faible retour qu’ils en obtiennent.
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