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Peut-on exercer sa liberté sans
prendre de risques?
INTRODUCTION
Tout d’abord il faut définir correctement les
termes du sujet afin d’en faire surgir une problématique
peut-on:
1-est il possible?
2-est il permis?
exercer:
Avoir une activité réglée pour acquérir la pratique.
liberté:
le fait de ne pas être contraint par quelqu’un
ou par quelque chose.
sans prendre de risques:
En évitant de se mettre en danger.
PROBLÉMATIQUE
Si on définit la liberté comme essentielle à
l’homme, il ne faut pas pourtant négliger les conditions d’applications de
cette liberté. En effet, on définit le plus souvent la liberté dans une sphère
de positivité. Mais n’y a t-il pas de risques à exercer sa liberté? Or, si
l’on dégage une définition précise de la liberté peut on trouver une
possibilité où dans l’exercice de la liberté on prend des risques? Enfin, y-a
t-il pas toujours dans l’exercice de la liberté une ouverture de possibles qui
fait qu’il y a toujours un risque?
I-La liberté est l’absence de contraintes.
1-Liberté intérieure
La volonté du sujet pensant ou volonté spirituelle. Le sujet
libre est source d’initiatives; il choisit, décide et se détermine lui-même
dans l’effort et la responsabilité. Il ne prend alors le risque que d’exercer
sa liberté
2-Liberté extérieure
la liberté physique (droit d’user de son propre corps) La
liberté civique ou politique c’est l’absence de toute contrainte despotique de
la part de l’État. S’il y a liberté alors cela exclu toutes données
despotique ou tyrannique du pouvoir.
3-Quelle que soit la forme de la contrainte, elle est négation
absolue de la liberté
Il y a une impossibilité pratique de la liberté en désignant
son envers absolu. Toute limitation est négation pour la liberté. Ainsi que
l’on pense le déterminisme ou la causalité la liberté n’existe alors pas car
elle n’est possible que dans un cadre où la contrainte est exclue.
II-Mais on ne peut pas exercer sa liberté sans risques
1-la liberté définie par le choix.
La liberté est le plus souvent définie comme "faire ce
que l’on veut". C’est ce que Descartes dans la 4e méditation métaphysique
met en place. "De façon que cette indifférence que je sens, lorsque je ne
suis point emporté vers un côté plutôt que vers un autre par le poids
d’aucune raison, est le plus bas degré de la liberté, et fait plutôt apparaître
un défaut dans la connaissance, qu’une perfection dans la volonté ; car si je
connaissais toujours clairement ce qui est vrai et ce qui est bon, je ne serais
jamais en peine de délibérer quel jugement et quel choix je devrais faire ; et
ainsi je serais entièrement libre, sans jamais être indifférent. "
2-le sujet est pro-jet
Pour Sartre (l’existentialisme est un humanisme) il définit
l’homme comme essentiellement libre (c’est à dire dans son essence) Or l’homme
est projet c’est à dire toujours à venir, et c’est dans l’exercice de cette
libre qu’il prend le risque d’être lui même et donc d’aller vers la mort.
exister pour un être conscient consiste à faire des choix. L’homme est d’abord
projet à travers lequel va se réaliser son essence.
3-la liberté de choix ne garantit pas le choix
Mais exercer sa liberté ne garantit en rien le fait de
prendre des risques. En effet, si nos actions sont libres, cela ne signifie pas
pour autant que nous ne prenons pas de risques. L’exercice de notre liberté
constitue une première chose, les résultats de cet exercice une autre chose.
Or il faut bien distinguer l’étape de la délibération et celle de la réalisation.
(ex: Je suis libre de tuer mon voisin mais je risque d’aller en prison)
III-L’exercice de la liberté est d’abord l’exercice de
son être propre.
1-la liberté comme définition de l’homme
Il est pourtant impossible de ne pas exercer sa liberté, car
comme l’écrit Rousseau dans son contrat social livre I l’homme ne peut pas
renoncer à sa liberté a moins de pas être un homme. Si l’essence de l’être
est la liberté il faut donc travailler sur l’utilisation de cette
liberté.
2-exercer sa liberté c’est risquer d’être un homme
En effet, la liberté n’est pas une capacité qui nous permet
d’agir, plus encore comme nous l’avons vu elle constitue notre essence. Or il
faut bien montrer que si nous exerçons notre liberté nous risquons d’être
libre. Cela peut paraître à première vue une aberration mais il n’en est
rien. La liberté même si elle est notre essence doit être assumer. Nous
faisons des choix et nous devons les assumer c’est dans cette perspective
d’autonomie et dans le fait d’assumer que se situe le risque le plus profond.
"Derrière cette ombre de liberté, qui consiste à choisir, se montre
aussitôt la liberté véritable qui consiste à se dominer" Alain, les
idées et les âges, I, p.203
CONCLUSION
Il est toujours possible de se replier sur une
attitude d’obéissance pour éviter tous les risques que comporte l’exercice de
notre liberté. Or la liberté est quelque chose qui nous constitue et nous ne
pouvons pas nous en détourner. C’est pour cela que même si l’exercice de notre
liberté ne peut pas se faire sans risque c’est comme le disait Socrate "un
beau risque"
BIBLIOGRAPHIE
- PLATON Critton
- KANT qu’est ce que les lumières
- ROUSSEAU contrat social (livre I)
- SPINOZA traité théologico-politique (chapitre 18)
- BERGSON, Essai sur les données immédiates de la
conscience - Chapitre III.
- SARTRE, L’Être et le Néant, Gallimard. (la fin de
l’ouvrage, en particulier p.515 et 516)
- Simone de BEAUVOIR, Pour une morale de l’ambiguïté.
- HEIDEGGER, De l’essence de la vérité - Question 1
chapitre IV
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