Le travail vient du latin tripalium qui était un appareil servant à
mobiliser les grands animaux. Ce terme donne l’idée d’un assujettissement
pénible. Ainsi, de nos jours, on a souvent l’impression que le travail
est une contrainte et que nous l’acceptons afin d’obtenir une rénumération.
L’intérêt est ce qui est utile et avantageux à l’homme et
se restreint souvent à ce qui concerne l’aspect matériel du bien-être.
Travaille t-on uniquement pour avoir des avantages matériels ou le travil
at-il une autre dimension ?
I : On a souvent trouvé un sens artificiel au travail afin de servir les intérêts
de la société
A : Le travail aurait une prétendu valeur morale
Au XIXième siècle, on expliquait que le travail avait une valeur morale dans
la mesure où il empêchait l’apparition des vices. "l’oisiveté est la mère de
tous les vices". Ainsi, passer un maximum de temps au travail permet de mener
une existence ordonnée, honnête.
Voltaire dit lui-même dans Candide : "Le travail éloigne de 3 grands maux :
l’ennui, le vice et le besoin".
B : Cette prétendu valeur morale est utile à la société
Nietzsche explique que "le travail est la meilleure des polices". D’ailleurs,
l’éloge du travail était aussi un moyen efficace de promouvoir l’exploitation
de la classe ouvrière. Le travail, l’honnêteté, le goût de l’ordre était des
valeurs utiles que l’on a vite transformé en valeurs morales.
Même s’il on a souvent donné une valeur autre que l’intérêt
au travail afin de servir des intérêts.
Ceci dit, le travail est-il pour autant dénué de quelque autre
sens ?
II : Plus qu’un simple intérêt, le travail est aussi un moyen
d’humanisation pour l’homme
A : Le travail est un facteur caractéristique de l’humanité
Pour Rousseau, l’accès au travail est contemporain de l’apparition du langage,
des vrais sentiments, de la propriété et de tous les éléments que l’on considère
ordinairement comme caractéristiques de l’humanité.
B : L’homme découvre son humanité et son pouvoir sur la nature par le travail.
Dans sa "dialectique du maître et de l’esclave" Hegel montre que les transformations
introduites par l’activité laborieuse dans l’être humain sont bien fondamentales,
puisqu’elle concerne les formes possibles de sa conscience et de sa liberté.
Du point de vue hégélien, le travailleur se reconnaît dans la matière transformée
et de se redéfinit ainsi. Même s’il est esclave, il a conscience de son importante
car il construit par son travail un monde nouveau.
III : Ainsi, le travail donne une certaine dignité à l’homme
A: A l’origine, chez les grecs, le travail n’était pas du tout lié à la dignité
Pour les grecs, le travail est une occupation d’esclave, ce qui explique qu’il
n’y avait pas chez eux de relations directes entre travail et dignité.
B : Dans le contexte actuel, le travail libre est source de dignité car il
nous rend indépendant par rapport à autrui et est un moyen de
triompher de la nature.
La culture aujourd’hui obeit à des normes de productivité et de maîtrise de
l’environement naturel. Le travail permet à la fois à l’homme d’apprendre mais
aussi de construire. Il conquiert ainsi sa dignité par l’utilisation de sa raison
et sa création. Encore faut-il que ce travail ait ces deux qualités essentielles...