Ce texte est sur la force, la faiblesse et la violence. Ainsi, il faut d’abord
donner des définitions de ces différents termes, notamment en
utilisant la vision nietzschéenne de la force et de la faiblesse qui
permet de mieux comprendre ce texte court.
La force s’est l’action forte, libre et créatrice. La faiblesse est l’abscence
d’autonomie, de capacité d’action et la réaction par rapport à
autrui.
Comment alors s’articulent les relations entre force, faiblesse et violence
?
I : La violence n’est pas la force ; elle n’est donc pas le contraire de la
faiblesse
A : Force et faiblesse
Force vient du bas-latin fortia, de fortis, solide, énergique. La force
correspond à un principe de puissance et d’action. La force est créatrice.
Selon Nietzsche en effet, la force est constitutive de l’action libre, créatrice
et féconde alors que la faiblesse est l’état des faibles, qui
incapables d’agir, réagissent à l’action des autres et se sentent
frustrés et humiliés.
B : Caractère de la violence
Une violence est une agression des autres. Incapable de dialoguer de façon
constructive et rationnelle avec les autres, l’individu violent est celui qui
détruit car il refuse le droit des autres à penser différemment
ou à agir autrement.
La violence est aussi souvent le fruit d’une attitude de rancoeur, une volonté
de vengeance sur les autres et d’une volontée délibérée
de leur nuire.
C : La violence est donc une "force faible"
La violence est donc une affirmation des individus, donc dans une certaine mesure
une force mais elle n’a pas de caractère constructif ou créatif
mais vise surtout à détruire ou à nuire. C’est donc une
expression de l’individu de très bas degré.
Maintenant, Jankélévitch va montrer que la violence ne possède
pas seulement des caractères de la faiblesse : elle est la faiblesse
même.
2 : Faiblesse et violence sont équivalentes
A : La faiblesse entraîne la violence ( "brutal parce que faible")
Au sens de Nietzshe, l’homme faible est celui qui n’agit pas par lui-même
mais qui réagit à l’action des autres. Le faible, incapable de
faire usage de sa raison mais aussi d’agir par lui-même est donc dans
une attitude négative de réaction par rapport aux autres.
Cette double incapacité de création et de raison provoque une
réaction irrationnelle contre les autres, donc violente.
B : Equivalence entre violence et faiblesse
Ici, le texte montre plus que un rapport de cause à effet entre faiblesse
et violence mais aussi une équivalence, puisque "la faiblesse n’entraîne
pas d’autres symptomes que la violence".
Ainsi, l’abscence de force maîtrisée, responsable et constructive
et autonome se transforme forcément en" force faible" réactive,
destructrice et violente.
C : Un certain type de violence, la violence contre la violence peut être
un symbole de force.
Toutefois, il faut que tu nuances ce propos en mettant en évidence que
la violence ou du moins la colère peut se justifier quand elle met fin
à la violence. Ainsi, pour Aristote, "il est juste de s’emporter
quand il le faut, comme il le faut et contre ce qu’il faut"
Ex : il est légitime de résister par la violence à un agresseur
ou même à un état injuste. Cela n’est alors la marque de
la faiblesse intérieure mais plutôt de la force intérieure,
de son courage.
La violence comme agression des autres est une marque de faiblesse. Utilisée
comme protection de son intégrité, elle peut révéler
une nature courageuse.